Retraite et prévoyance : bilan de la réforme

Emmanuel Macron a promis d’unifier les 42 régimes de retraite actuels en un seul. Tous les Français devraient alors disposer des mêmes droits grâce à ce régime universel. Même si les grands axes sont connus, de nombreuses zones de doute restent encore en suspens. Voici un bilan de la réforme promise par le président de la République française et la meilleure façon d’assurer sa future retraite.
 

Que prévoit la réforme des retraites ?


Les retraites des Français étaient au cœur de la campagne d’Emmanuel Macron. Selon lui, elles ne sont pas équitables à l’heure actuelle. Les réformer ne résoudrait aucun problème de fond. Lui préfère parler de refonte totale du système des retraites.

C’est ainsi qu’une réforme du système et non de ses paramètres permettrait alors d’octroyer des droits identiques à chaque Français, et ce, quels que soient leurs statuts et leurs parcours professionnels.
 

Harmoniser les droits à la retraite


Pour chaque euro cotisé, l’équité doit être appliquée. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron souhaite que les cotisations vieillesse versées par un assuré doivent aboutir à des prestations identiques, et ce quelle qu’ait pu être la carrière professionnelle.

En d’autres termes, l’affiliation à un régime de retraite suivant le statut professionnel de l’actif a montré ses limites, selon le président de la République. 42 régimes existent en France : agriculteurs, salariés du privé, fonctionnaires, travailleurs indépendants, professions libérales, marins, artistes, prêtres, etc. En effet, avoir autant de régimes de retraite différents est une aberration, car chacun est autonome et dispose de ses propres règles, avec des taux et des assiettes de cotisations différents, ainsi que des méthodes de calcul de pensions également différentes.

Ex. : le calcul des retraites est effectué sur les 25 meilleures années travaillées pour les salariés du privé, alors qu’il est basé sur la moyenne des 6 derniers mois pour les fonctionnaires.
 

Les premières pistes dévoilées


Le 10 octobre 2018, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire en charge du remaniement des retraites, a présenté les grandes lignes de la réforme. Il dévoile un taux de cotisation du futur régime universel fixé à 28 % (part de l’employeur comprise), ce qui correspond sensiblement au taux actuel des salariés du privé avec la retraite de base et la retraite complémentaire de l’Agirc-Arrco.

Ce nouveau système ne changerait donc rien aux salariés du privé, mais occasionnerait une hausse de 0,15 point pour les fonctionnaires. De plus, leurs primes seront prises en compte dans l’assiette. Une nouvelle fort intéressante, car le système actuel ne les comptabilisait pas. Pourtant, elles concernent 25 % de la rémunération des employés et jusqu’à 39 % de la rémunération des hauts fonctionnaires.

Enfin, les agents «actifs» (sapeurs-pompiers, aides-soignantes, sages-femmes…) pourront continuer de partir à la retraite plus tôt (52 ans). Cette décision est liée à la pénibilité de la fonction. Cela ne concernera que les personnes exerçant leurs fonctions sur le terrain. Les salariés dits «de bureau» partiront à 62 ans. Pour répondre à l’équité, les salariés du privé exerçant les mêmes fonctions «actives» bénéficieront également de la retraite anticipée. Par exemple, une aide-soignante en clinique pourrait partir à 57 ans.

Concernant les travailleurs indépendants, les agriculteurs et les professions libérales cotisant à hauteur de 15 % actuellement, ils bénéficieront d’aménagements afin d’éviter l’augmentation brutale de leurs charges sociales. Cela reste à l’étude pour le moment et rien n’est encore fait à ce niveau (abattements dégressifs allègements d’autres cotisations sociales).

Enfin, l’assiette de cotisation serait fixée à 3 fois le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), soit à 120 000 euros. Tous les salariés possédant un revenu professionnel annuel supérieur ne cotiseraient pas à la retraite pour la part supérieure concernée. Pour rappel, l’assiette de cotisations est actuellement plafonnée à 40 524 euros pour la retraite de base et 321 192 pour la retraite complémentaire.

L’actuel système de retraite devrait encore exister quelque temps, jusqu’à ce qu’une caisse centrale prenne le relai. Celle-ci serait administrée par l’État et les partenaires sociaux, qui fixeront les paramètres futurs.
 

Le régime de retraite à points


Pour rendre les choses bien plus simples, le régime à points sera préféré aux régimes à trimestres.

Lorsque l’assuré partira à la retraite, le montant de ses points sera multiplié par la valeur des points à l’instant T, afin d’être converti en montant de pension de retraite. Les retraites complémentaires actuelles fonctionnent déjà sur ce principe.

À qui s’adresse cette réforme des retraites et comment sera-t-elle mise en place ?


Tous les Français actifs sont concernés par cette nouvelle réforme, régimes spéciaux compris. Ces derniers, bénéficiant de départs anticipés pourraient continuer de liquider leurs droits par anticipation. Toutefois, les Français qui prendront leur retraite d’ici les 5 prochaines années ne seront pas impactés par la retraite universelle. En effet, le nouveau système ne devrait être effectif qu’à compter du 1er janvier 2025 et pour les assurés nés à compter du 1er janvier 1963. Dans ce cas, les personnes étant nées en 1963 et pouvant partir à la retraite par anticipation, pourront liquider leurs droits avant 2025, dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui.
 

Des scénarios de transition à l’étude


Pour le moment, la transition est au point mort. Plusieurs pistes sont en études, mais le Président de la République a assuré que les droits acquis seraient préservés à 100 %. La transition immédiate semble être la plus appropriée, même si celle-ci pourrait être mal accueillie, car trop brutale. Autrement dit, au 31 décembre 2024, les droits de retraites des actifs seraient figés et transformés en points. La pension serait alors calculée en fonction des trimestres validés dans les régimes antérieurs et ceux acquis dans les complémentaires. Le montant serait alors divisé par la valeur d’achat du point du régime universel. Ce stock de points serait alors à ajouter à ceux acquis à partir du 1er janvier 2025.

La cohabitation entre l’ancien système et le nouveau n’est pour autant pas écartée comme autre scénario. Quelle que soit l’option choisie, certains cotisants seront gagnants et d’autres moins. Le choix de transition reste l’élément clé de cette modification du régime des retraites et n’a pour l’heure, pas encore été tranché.
 

Un âge de départ inchangé ?


Lors de sa conférence de presse à l’Élysée le 25 avril dernier, Emmanuel Macron a annoncé que l’âge du départ à la retraite serait fixé à 62 ans pour les assurés nés à partir de 1955. Edouard Philippe a confirmé cette donnée lors de son discours politique le 12 juin devant les députés.
Les actifs ayant une longue carrière pourront liquider leurs droits avant 62 ans. Toutefois, ils cotiseront moins, donc leur pension sera automatiquement moins élevée.
 
Par ailleurs, un «âge d’équilibre» pourrait être fixé, de façon à obtenir une pension majorée, en continuant de travailler après l’âge de départ à la retraite. Cela permettrait d’amasser des recettes supplémentaires, pouvant pallier le déséquilibre actuel. Cet âge d’équilibre serait fixé à 64 ans d’après Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.

L’«âge d’équilibre» pourrait être introduit dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) dès 2020.
 

Le calendrier des réformes


Certains points ont déjà été traités. Voici comment devrait se dérouler le futur calendrier des réformes des retraites pour les mois et les années à venir :
 
  • Mi-juillet 2019 : Remise du rapport de Jean-Paul Delevoye au gouvernement
  • Dernier trimestre 2019 : Présentation du projet de loi en conseil des ministres et début de l’examen du projet de loi au Parlement
  • Fin 2019 — début 2020 : Vote de la loi
  • 1er janvier 2025 : entrée en vigueur de la nouvelle réforme des retraites par le système universel
 
 

Les plus grandes modifications


Comme précisé précédemment, l’impact de ce remaniement des retraites sera important. En effet, certains seront avantagés, d’autres moins. Voici 5 points importants à ne pas négliger :
 
  • la garantie minimale des points (GMP) va disparaître
  • des points seront accordés pour chaque enfant, et ce, dès le premier enfant
  • des points d’interruption seront accordés pour les interruptions d’activité liées au chômage, à la maladie, à l’invalidité, à la maternité, etc.
  • les pensions de réversion seraient conservées, mais ne concerneront pas les personnes pacsées
  • les salariés ayant travaillé toute leur vie à temps partiel ou ayant perçu des revenus modestes bénéficieront d’une pension minimum
 

Comment partir à la retraite sans perdre d’argent ?


Pour les personnes souhaitant garder une retraite confortable, le mieux reste de planifier d’autres sources de rentes. En effet, à moins d’avoir un système de prévoyance extrêmement intéressant et généreux, investir dans la pierre reste l’un des moyens les plus fiables pour agrémenter sa retraite.

Les taux d’emprunts sont exceptionnellement bas, c’est le bon moment pour faire un achat intelligent. L’offre de logements est insuffisante, quant à la demande, elle ne cesse d’accroître. En d’autres termes, acheter un bien immobilier pour le mettre en location peut dégager des bénéfices intéressants.

Les entrées locatives sont toujours les bienvenues. D’autant qu’aujourd’hui, de nombreux dispositifs permettent d’acquérir des biens tout en garantissant une défiscalisation intéressante (loi Pinel, Censi-Bouvard, Robien Recentrée, etc.).

Toutefois, avant de se lancer, les personnes intéressées sont amenées à étudier plusieurs points comme la localisation du futur bien, sa superficie, les prix en vigueur, etc.